
Peu de photos aujourd’hui. Comment activer le déclic sans se geler les doigts? Aujourd’hui, les enfants ont pris l’autobus scolaire pour la première fois. Une petite marche le long d’un minuscule sentier boisé et en quelques minutes, nous sommes à l’arrêt. Il fait cependant noir comme chez le loup à 8 :00 AM. Voilà pourquoi j’ai photographié leur arrivée et non leur départ.

J’ai attendu un bon dix minutes au coin de la rue. L’autobus a fait deux fois le circuit. Va savoir pourquoi! « Ça, c’est le Yukon. » Et c’est l’fun.

Émilien aime beaucoup sa nouvelle école. Hier il a fait de la danse, aujourd’hui du chant (Oh! Régina…), demain il va à la piscine et vendredi au centre des arts pour visiter une exposition ayant l’écriture pour thème. Et lundi, si la température le permet (pas de sortie sous les –25°), il débutera son entraînement bi-hebdomadaire de ski de fond. Ceux que cela intéresse peuvent visiter le site de sa classe.
http://dl1.yukoncollege.yk.ca/eetmchampagne/
Le professeur en fait la mise à jour chaque dimanche. Nos enfants fréquentent paraît-il, une des écoles les plus branchées du Canada.

Côté installation, on prend les choses sans se précipiter. Les garçons dorment toujours ensemble sur un futon. Nous avons bien un lit pour Émilien, mais il ne semble pas pressé d’occuper sa chambre. Pour l’instant, elle fait office de garde-robe. Nous n’avons pas encore de bureau, mais cela ne saurait tarder. Ici, beaucoup des gens se meublent dans les thrift store, des magasins où l’on trouve toutes sortes de choses de seconde main. (Oups! Déjà un anglicisme.) Comme les gens en milieu nordique sont souvent uniquement de passage et que déménager leurs biens est très onéreux, ils les emportent au thrift store qui les revend avec profit. Et pas un petit profit. Un set de salle à dîner de bois comme celui entreposé au sous-sol chez Paul et Françoise peut valoir près de 800$. Celui chez Monique, 450$. Mais comme les départs sont nombreux, il y a souvent des choses assez neuves pour la moitié du prix. Pour remplacer notre téléviseur (celui de nos trois téléviseurs qu’on avait décidé d’emporter pour finalement le laisser chez Thalie faute de place) nous avons payé 85$ ( Panasonic 27pc 2002). Le lendemain, on s’est rendu compte qu’il y avait une vieille télé dans le garage qui aurait fait le travail. Alors que voulez-vous? On l’a branché au sous-sol pour les jeux vidéo. Nous sommes donc à une télé près de se sentir à Candiac! Voilà ce que c’est que d’être pressé. Ça m’a donné une leçon. Il est bon d’attendre pour faire les choses. Nous sommes tellement conditionnés à obtenir une chose à l’instant où naît le désir de la posséder. Le désir. Voilà une future valeur à cultiver.
Revenons à nos bureaux. Avant, je n’aurais pu supporter un tel bordel. Aujourd’hui, lorsque je regarde la pile de vêtements, je me demande si les ranger est vraiment ce qu’il y a de plus important à faire. Le fameux « moment présent » est une expression redevenue en vogue grâce au livre d’Eckhart Tolle qui en fait l’éloge et j’avoue être tentée, devant cet amoncellement de tissu épart, d’adopter cette philosophie avant même d’avoir lu le bouquin. Je tranche: il y a mieux à faire.

Réaliser des ribollita, chili, sandwichs au poulet et pouding au pain (avec raisin sec, dés de pommes et cerises françaises sur leurs derniers mille). Par contre, dans la cuisine, j’ai besoin d’un espace de travail nickel et je m’y emploi. J’ai donc occupé mon après-midi à faire de la boustifaille puisque la température extérieure ne me permet pas de faire mieux. Je fais des réserves, mais je n’engraisse pas. Nous avons même maigri : 4 kilos à deux.

(En passant, vous avez déjà essayé de mettre un peu de fromage à la crème dans votre crème fouettée? C'est délicieux.)
Ce matin, j’ai rencontré une conseillère en emploi au Sofa (Service d'orientation et de formation des adultes offert sous l’égide de l’Association Franco-Yukonnaise, l’AFY). Comme vous voyez, nous apprenons de nouveaux acronymes! Il y aura un poste disponible à la DSF du YTG. (Direction des services français du Gouvernement territorial du Yukon). Plusieurs de mes compétences me permettraient de postuler, mais mon anglais est-il assez « fluent »? Un autre service de l’AFY m’aidera à répondre à cette question d’ici quelques jours. Clément avait aussi rencontré cette gentille personne hier. Elle lui avait confirmé un certain ralentissement attribuable surtout à janvier. Nous allons faire chacun un bilan de nos compétences et cet exercice devrait être de bonne augure pour ce nouveau départ dans notre vie.
Tout doucement, l’excitation de l’arrivée cède place au quotidien. Chaque jour au bout de la rue, les avions s’envolent vers le sud, vers chez vous. Je les suis du regard et mes pensées s’envolent vers vous. J’espère que vous êtes bien, en sécurité, en santé, en paix, vous que j’aime profondément. Et, oserais-je le dire, jaillissent à l’envolée de ces oiseaux d’acier, mes plus belles prières à votre égard.
Bonne fin de journée
Sylvie